Comment renoncer à nos auto-sabotages ?

Qu’est-ce que l’auto-sabotage ?

Le mécanisme de l’auto-sabotage consiste à se créer des limites.

Quand l’ennemi est en soi

Si vous jetez un coup d’œil en arrière dans votre vie, il est possible que vous retrouviez plusieurs exemples de situations au cours desquelles, sans savoir pourquoi ni comment, vous avez échoué à atteindre un objectif. L’une des possibles explications de cet échec est celle de l’auto-sabotage.

auto-sabotage - des relations aux autres et à soi-même compliquées

La stratégie de l’évitement

La pratique de l’auto-sabotage est une façon de se protéger, face à des situations de crise, un stress et / ou un événement traumatique.

La personnalité évitante

Quand la difficulté à surmonter les défis est trop importante, on met en place des moyens de défense qui paraissent nécessaires et vitaux au moment où on se les impose.

Par la suite, ils se révèlent comme de véritables carcans, des prisons qui nous enferment pendant des années voire des décennies dans beaucoup d’auto privations.

Il est très difficile de se libérer de ses propres injonctions. Nous avons envers elles une fidélité très forte qui peut nous “obliger” en quelques sortes, à s’empêcher de réussir.

Que ce soit en procrastinant, en abandonnant dès les premières difficultés, en se trouvant toujours de bonnes excuses pour ne pas faire ou en n’assumant pas ses responsabilités.

Les différents types d’auto-sabotage

1. La répression imaginaire

Elle pollue les relations humaines, à soi même et aux autres. C’est une anticipation négativante du jugement ou du comportement de l’autre. On renonce à dire ou à faire. Elle nous maintient dans une auto-privation très active. Elle nous inhibe. Elle tue la spontanéité. Elle entraîne amertume, regrets, insatisfaction.

L’auto-répression contribue à entretenir dévalorisation et culte de l’échec. Par effet miroir, elle contribue paradoxalement, à confirmer le sentiment d’échec chez l’autre, qui se sentira impuissant à nous satisfaire quoiqu’il fasse ou dise .

2. La procrastination

Elle invite à l’évitement de la réalité. Il pousse à remettre à plus tard la réalisation d’une action, d’une réalisation ou d’un engagement pris, en ne réalisant pas tout de suite ou dans des délais acceptables, ce que de toute façon nous aurons à faire.

En faisant cela, on accumule des contraires et des pesanteurs dans notre présent, créant ainsi une véritable insécurité vis à vis de nos engagements à venir.

Remettre au lendemain participe à la croyance de l’arrivée bénéfique d’un événement salvateur qui va régler tous les problèmes.

Leçon de vie

Plus je libère mon esprit des contraintes inévitables que je dois vivre, plus je me rends disponible pour accueillir l’imprévisible.

3. “oui, mais…”

Petite hésitation ou réserve qui apparaît après une invitation ou projet et qui va le minimiser, le disqualifier.

À ce “pseudo-accord”, nous ajoutons un “mais” qui va nous faire renoncer au projet , à la décision, au rêve que nous aurions pu inscrire dans la réalité.

Leçon de vie

Si j’apprends à faire des choix entre mes différents désirs, entre besoin et désir, si je me donne des priorités je n’ai pas besoin de traduire mon ambivalence avec des pseudo approbations ou des fausses propositions.

4. L’auto justification préventive

Très pernicieux, il entraîne beaucoup de souffrance. Le principe : avant même d’être remis en cause ou faire l’objet d’un reproche, on va imaginer à l’avance qu’on pourrait être remis en cause. Alors on commence à produire dans sa tête des justifications, une argumentation réponse, on se voit répondre ceci ou cela pour montrer sa bonne foi. Pour prouver qu’on n’est pas ce que l’autre aurait pu penser de nous.

5. La peur de se faire avoir

C’est lorsque l’on ressent le besoin de garder à tout prix le contrôle de la situation.

auto-sabotage - le stress

6. La projection persécutoire

Par exemple, quand une personne projette sur nous ses propres pensées et que tout est entendu sous la  forme : “je sais qu’au fond de vous, vous voulez ça.”

La personne englobe l’autre dans un projet, construit de toutes pièce et  dont elle est la seule initiatrice, en imposant ses propres choix de vie.

Leçon de vie

Ne jamais prendre l’expression d’un ressenti personnel et intime de l’autre pour l’expression de ma réalité.

7. Surtout ne pas laisser croire à l’autre qu’il m’a eu(e)

Ceci est incroyablement énergétivore, consommateur du présent. Car cela empêche de vivre et de savourer l’instant présent. Nous sommes prisonniers d’imaginer ce qui pourrait se passer si..

8 . L’accusation et la mise en cause de l’autre

De l’importance de ses responsabilités dans les relations avec autrui. Attention à ne pas parler, penser ou faire pour l’autre.

En accusant l’autre, en le mettant en cause, en le rendant responsable de ce qui nous arrive, nous faisons l’économie d’une interrogation sur nous même et sur notre propre responsabilité dans ce qui a pu se passer entre nous et l’autre, à partir de notre propre perception.

Faire l’économie d’écouter ce qui a été touché, réveillé et blessé en nous retarde les prises de conscience et les changements importants à effectuer dans une démarche de respect envers soi-même ou de développement personnel.

Les questions à se poser :

  • Comment puis-je m’y prendre pour être entendu par mon interlocuteur, à partir de mon propre vécu ? Attention, cela ne veut pas dire qu’il doit être d’accord avec moi.
  • Comment puis-je affirmer mon point de vue, en le confrontant à celui de l’autre ? Plutôt que de recherche l’affrontement, en commençant par le disqualifier ou en parlant sur lui ou en le mettant en cause.

Leçon de vie

Nous sommes toujours trois dans la relation :

  1. Moi
  2. L’autre
  3. La relation qui nous unit

Je ne suis responsable que de mes sentiments et émotions, de mon vécu, mes idées et de mes croyances

9. La pensée magique

C’est un processus psychologique qui consiste à croire, soit :

  • que la réalité va se modeler sur nos attentes.
  • que notre propre pensée va pouvoir transformer la réalité, pour nous permettre d’éviter une déception, de traverser une difficulté, de faire l’économie d’une contrainte ou d’avoir à se confronter à une fin de non-recevoir, à un refus de la part des autres.

La pensée magique est très présente chez l ‘enfant : “Si je fais ça, alors il  se passera ça.”

Elle peut subsister longtemps chez certains adultes. Elle surgit souvent durant les périodes de crise et / ou de désarroi. Elle a beaucoup été utilisée dans certaines religions quand on demande à de prendre Dieu ou ses Saints, de prendre en charge nos difficultés et de nous aider à les résoudre.Et pourquoi pas, de prendre en charge notre destin.

Utile chez l’enfant pour l’aider à affronter la part d’inconnu et de mystère de la vie, la pensée magique devient, à l’âge adulte une façon de s’infantiliser en nous laissant croire que, soit :

  • La solution est chez les autres et elle ne dépend que d’eux.
  • La solution dépend de notre seul vouloir, sans que nous ayons à nous mobiliser pour changer quelque chose à la situation car, grâce à notre pensée, ce que nous souhaitons va se réaliser.

C’est un frein à la responsabilisation et nous peut nous entraîner à nous déresponsabiliser face à la réalité. En nous maintenant ainsi dans la dépendance vis-à-vis du surgissement d’un sauveur providentiel et / ou du hasard.

Leçon de vie

Il m’appartient de me faire suffisamment confiance pour affronter ce qui surgit dans ma vie, si j’accepte de mettre en jeu mes ressources et les moyens dont je dispose ici et maintenant pour affronter, vivre et traverser les difficultés qui vont se présenter à moi.

10. Continuer à fréquenter des personnes toxiques

Par fidélité et habitudes, il très fréquent de garder dans son entourage des personnes qui nous font du mal, en prétendant que c’est pour notre bien. Cela peut également être des gens qui n’hésitent pas à déposer sur nous des messages toxiques, des jugements de valeur, des critiques ou encore de dévalorisations qui blessent notre confiance en nous et l’estime que l’on pourrait avoir pour nous-mêmes.

Leurs paroles ne sont là que pour nous déstabiliser ou nous faire réagir contre quelque chose.

auto-sabotage - se créer des limites et personnes toxiques

Exemple : “Comme je sais que tu es fatigué, j’ai préféré te laisser seul. De toute façon, on sait jamais quand tu es là ou pas.”

Exemple de fausse compréhension : “Je sais que tu penses que je devrais faire plus souvent ça ou ça.. mais que veux-tu on ne se refait pas ! Je suis comme ça et au fond, je sais que tu m’aimes bien comme je suis.”

Ce sont des banalisations ou dénis de problèmes.

Exemple : “Si je t’écoutais on ferait jamais rien ! “, “Je sais qu’il faut peu de choses pour te fâcher”, “Pour une fois, tu pourrai quand même faire un effort.”

Par la culpabilisation, la personne nous dépossède de nos propres choix. C’est le cas quand quelqu’un pense ou décide pour nous, en nous faisant en entrer dans ses propres demandes.

Leçon de vie

Vous pouvez ne pas accepter d’être transformé en poubelle dans laquelle l’autre va déposer tout son “caca” relationnel.

11. Envoyer des messages ou jugements qui vont éloigner l’autre alors que l’inverse est voulu.

Ceci entraîne automatiquement des attaques-réponses de la part de l’autre. Et  c’est normal quand on utilise des reproches pour s’exprimer. L’autre va fuir, c’est inévitable.

Leçon de vie

C’est possible de dire son attente. Mais en commençant par une accusation, je sabote la réponse que j’attends.

12. S’arranger pour maintenir l’autre à distance

Un auto-sabotage très courant surtout dans les relations intimes.

On utilise la technique de la culpabilisation. Puis, lorsque la personne tente un rapprochement, on envoie un message qui le blesse et de ce fait, l’éloigne encore plus de soi. Il s’ensuit alors tout un travail de ré-apprivoisement, avant de subir de nouvelles accusations.

Ce comportement inconscient ne correspond pas à ce que l’on veut pourtant. Car ce que l’on souhaite, c’est un rapprochement. Attention à ne pas trop maltraiter une relation car elle peut elle blesser définitivement à cause de découragement.

À savoir : C’est souvent dans nos relations les plus importantes, les plus proches  et intimes, que nous avons ce comportement.

Leçon de vie

Si j’ai peur d’être abandonné, je ne vais pas pouvoir m’abandonner à ce qui me vient de l’autre. Et je vais ainsi saboter la relation.

auto-sabotage - quand l'ennemi est en soi

13 . Surtout ne pas demander

Il s’agit ici d’attendre que l’autre comprenne notre demande sans avoir à l’énoncer. Ceci nous plonge dans l’auto-privation et le désarroi de ne pas se sentir entendu ou reconnu.

Cela peut venir d’une injonction plus ou moins ancienne selon laquelle “moi, je ne m’abaisserai pas à demander quelque chose.”

Exemples :

  • Si je suis obligé de demander, j’ai l’impression d’être un mendiant. je crois que je ne supporterai pas de subir un refus.
  • Si je suis important pour l’autre, il devrait entendre mes demandes, sans même que je les exprime.

Leçon de vie

Si je ne prends pas le risque de demander, en attendant que l’autre comprenne le demande que je tais, je risque de passer une partie de ma vie à lui reprocher de ne pas entendre les demandes que je ne lui fais pas.

Quand j’érige l’auto-privation en règle de vie, je ne dois pas m’étonner de vivre une vie de frustration

14. Veillez à ne rien accepter d’autrui

Il s’agit de la difficulté à recevoir, comme si je devais rendre ce que l’on va me donner.

Ressentir redevable, avoir une dette, quelque chose à rembourser. Comme si on ne pouvait pas recevoir gratuitement, pour soi même.

auto-sabotage - la personnalité évitante

15 . L’illusion que tout va s’arranger

Que ce soit par le temps, l’intervention d’une personne, de Dieu, d’un événement quelconque…

Certains ont la croyance que la série des malheurs et difficultés va enfin s’arrêter d’elle même. Ce qui les incite à ne rien faire. Mais à attendre que le temps fasse son œuvre. Ils ont l’illusion que cela ne peut pas continuer comme ça. Car ce qui m’arrive ne dépend nullement de moi, mais de la mauvaise volonté des autres, du temps, de l’État…

C’est un auto-sabotage qui fonctionne sur le mode de la passivité. Surtout ne rien faire pour ne pas déranger le déroulement de la roue de la fortune qui va bien s’arrêter un jour…

On peut voir cela dans la tendance qui monte aujourd’hui à se forcer à voir le positif en toute chose. À se dire que ce n’est pas grave ce qui arrive car quelque chose de positif va sûrement en découler. Ce peut être vrai. Mais il peut être intéressant de devenir acteur de sa vie au lieu d’attendre que quelque chose de positif arrive pour nous “sauver” en tombant du ciel.

Conclusion

D’auto-saboteur en auto-saboteur, nous pouvons aliéner une grande partie de nos vies. En s’auto-privant, on peut avoir l’impression que la vie est dure avec nous. Que personne ne nous comprends.

“Renoncer à certains de ces auto-saboteurs peut considérablement améliorer notre relation au monde et surtout à nous-mêmes.”

La question principale sera : “Comment lâcher-prise sur ces auto-saboteurs qui nous portent tant de préjudices et nous font tellement de tords ?”

Peut-être en se posant les questions suivantes :

  • “À qui ferais-je de la peine en osant être heureux ?”
  • “À qui ferais-je du tort en osant me faire du bien ?”
  • “De qui perdrai-je l’amour ou l’estime en osant me respecter et considérer que je mérite d’être, enfin, un bon compagnon pour moi-même ?”

 

 

 

 

 

Publié par :neonaturo

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